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La phrase « religion, opium du peuple » a toujours fait sens en moi. Lorsque de sombres personnages érigent leur foi en prétexte à des atrocités, démontrant que manifestement certains se sont trop défoncés, j’avoue que mon inaltérable scepticisme (euphémisme !) quant à l’existence d’une « Puissance supérieure » en est exacerbé…Je pourrais vous dire que je ne crois pas en Dieu mais en l’Homme, ça ferait intelligent, mais en vrai moi je crois plus aux esprits comme dans les films qui font peur et aux extraterrestres comme dans E.T.

Alors ce livre, annoncé comme un conte décapant sur la religion, m’a forcément attiré. Et il a tenu toutes ses promesses.

Baptiste est un fervent catholique dont la foi dicte chacune de ses actions quotidiennes. Ses filles portent des prénoms de saintes et un crucifix est accroché à son rétroviseur. Pour lui charité chrétienne, humanité et empathie ne sont pas de vains mots et il en fait montre, qu’il s’agisse de son collègue en dépression suite au départ de sa femme, du faux handicapé qui fait la manche, des enfants malades de l’Hôpital ou des démunis auxquels il offre des repas.

Mais subitement, sa foi va être rudement mise à l’épreuve et face aux injustices qui s’abattent sur lui, Baptiste finit par se révolter et passe d’une « foi aveugle » à « une colère sainte ». Sur le parvis de Notre Dame, jour après jour, il demande publiquement des comptes à Dieu, pour tous les malheurs du monde.

Et la réponse finira par venir. Implacable. Ironique.

A condition d’être dans la disposition d’esprit nécessaire, ce livre est drôle, grinçant, tout simplement savoureux.

Pour finir, je ne résiste pas aux plaisirs de partager ces citations extraites du livre :

« Abandonné, mal aimé ou récupéré, Dieu, de nos jours, était décidément bien malmené ».

«  La pensée lui vient que l’on s’aime un peu trop lorsque l’on pleure ».

ANNE-CE

Nom de Dieu ! de Philippe GRIMBERT aux Editions GRASSET paru en avril 2004