Cousines de lectures.......

19 mai 2017

QUAND ON N'A QUE L'HUMOUR d'Amélie ANTOINE

 

Quand-on-n-a-que-l-humour

 

Avec FIDELE AU POSTE, Amélie ANTOINE m'avait bluffée, scotchée. J'avais trouvé que l'auteur avait vraiment quelque chose que les autres n'ont pas; un talent particulier, original, qui m'avait tant accrochée. Quand j'ai appris que son nouveau livre sortait en mai, j'ai croisé les doigts, je l'ai guetté et je mesure ma chance que les Editions MICHEL LAFON me l'aient proposé en partenariat.

Par contre, j'ai un vrai problème. Je l'ai retourné dans ma tête cent fois, j'ai essayé mille formulations, mais je ne trouve pas comment vous le dire plus clairement que ça : LISEZ-LE. Ne le prenez pas comme un conseil ou une invitation, c'est beaucoup plus que ça, il y a comme une urgence dans ces deux mots; vous devez le faire!

Parce que c'est un roman magnifique, sensible, sincère. Un coup de coeur? Je dirais plutôt un coup au coeur! Amélie ANTOINE a une qualité d'écriture qui vient vous chercher et vous trouve, qui vise juste et atteint sa cible, celle qu'on cache pourtant si bien tout au fond de soi.

Impossible de rester indifférent face à cette relation père-fils qui trouvera, de mille manières différentes, un écho en chacun de nous.

QUAND ON N'A QUE L'HUMOUR nous raconte en effet Edouard BRESSON. Humoriste au sommet de sa gloire, véritable star admirée par tous, submergé d'amours quand il n'en voudrait qu'un, celui de son fils Arthur, dont la célébrité l'a éloigné.

Je crois que jamais un personnage ne m'avait autant bouleversée. Dire d'Edouard qu'il est attachant serait bien trop en deçà pour décrire l'ouragan émotionnel qu'il m'a fait traverser.

Amélie ANTOINE décrit avec une précision étonnante la fragilité de l'artiste, qui doute constamment, qui malgré le succès ne se départit jamais de ce sentiment d'être illégitime. Elle relaie l'idée que derrière le type marrant se cache souvent un être torturé qui utilise le rire comme une armure, une carapace, un moyen de protection. Ces humoristes dont on imagine que la vie est une fête constante, dont on attend qu'ils soient drôles sur commande, trop drôles pour être malheureux... et comment pourraient-ils l'être puisqu'ils ont tout? Comment pourraient-ils l'être sans que cela paraisse malvenu?

Et pourtant Edouard a été un petit garçon boîteux à qui il a manqué sa seconde béquille pour marcher et pousser droit. Mon coeur s'est serré à l'évocation de cet enfant bègue qui, malmené à l'école, n'a trouvé en son père que dureté, indifférence, froideur, détachement et absence totale d'empathie. Un véritable mur, trop haut et trop lisse pour qu'Edouard puisse envisager de le franchir. Et parce que la vie n'avait pas fini de malmener Edouard, elle va frapper la famille et enfermer l'enfant qu'il était dans une culpabilité sans borne avec laquelle il grandira, qui le poursuivra dans sa vie d'adulte et qui l'empêchera d'accepter les succès qu'il rencontre. Seule manière pour lui de s'échapper de ce carcan : faire rire pour qu'on ne rit plus de lui mais avec lui, et ainsi naîtra sa vocation d'humoriste.

Mille fois j'ai eu envie de prendre Edouard dans mes bras, mille fois j'ai eu envie de le réconforter. La solitude, le désespoir dans lesquels il se débat sont douloureux.

Alors forcément, dans la deuxième partie, consacrée  à Arthur, quelque chose m'a gênée tout de suite. Quel contraste d'abord avec ce fils cynique, froid, détaché... J'ai été déstabilisée et j'ai vite compris que c'est Edouard qui me manquait déjà.

Amélie ANTOINE trouve les mots justes pour nous faire vivre cette relation entre le père et le fils qui résonne forcément pour nous, qui avec un père, qui avec une mère, une soeur, un frère, un ami... Ces liens entre les êtres qui sont parfois cassés par ces non-dits, ces incompréhensions, ces choses qu'on ne se dit pas et qui font que chacun reste emmuré dans la conviction erronée qu'il a de l'autre. Et c'est ensuite seulement quand il s'en va qu'on sait que le bonheur était là; c'est la perte, l'absence, le manque qui permet de mesurer la valeur de ce qu'on a gâché ou perdu. 

Ceux qui ont lu le livre comprendront : comme et avec Arthur, et même plus longtemps que lui, j'ai espéré, jusqu'à la fin, que peut-être... J'ai fini ce livre la gorge serrée; le nez du clown formait une grosse boule dans ma gorge.

 

ANNE-CE

QUAND ON N'A QUE L'HUMOUR d'Amélie ANTOINE, paru aux Editions Michel LAFON le 4 mai 2017

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17 mai 2017

L'EFFET DOMINO de François BARANGER

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Je crois que je prends goût aux polars historiques.

Après le très bon LA VOIX SECRETE de Michaël MENTION me voilà épatée par L'EFFET DOMINO de François BARANGER.

PARIS en 1907, des assassinats dans l'entourage de célébrités sont perpétrés. Les policiers enquêtant sur l'affaire ainsi que leurs proches sont sauvagement exécutés.

Le préfet de PARIS, désemparé, décide finalement dans le plus grand secret de confier l'enquête à un policier provincial sans attache, réputé pour élucider les crimes les plus sordides et les  affaires les plus compliquées. LACINIERE, c'est son nom, se voit confier une équipe restreinte mais dévouée pour découvrir l'identité de l'assassin sanguinaire.

Plusieurs victimes sont retrouvées avec un double domino dans la gorge et horriblement mutilées selon une mise en scène macabre .

Entre occultisme, numérologie et organisation ésotérique, l'équipe de LACINIERE tente de démasquer l'atroce meurtrier au péril de sa vie .

Alors autant vous prévénir tout de suite, si les enquêtes comportant des intrigues très fouillées mettant en relation les chiffres,l es symboles et les sciences occultes vous rebutent, passez votre chemin.

Si par contre, les jeux de piste alambiqués, les énigmes compliquées vous ravissent, voici un bon roman policier pour vous.

Pour ma part, j'ai été happée dés les premières pages et elles ont défilé sans que je ne ressente ni ennui ni frustration. Il a fallu que je me concentre pour suivre le cheminement des enquêteurs et la trace de l'effroyable assassin.

François BARANGER maîtrise parfaitement son sujet et nous bluffe par son intrigue savamment orchestrée, les références et les connaissances fourmillent, il ne faut pas relâcher son attention sous peine de perdre le fil de l'enquête. L'auteur excelle à nous tenir en haleine avec son tueur à la fois si violent et si perfidement intelligent.

Le personnage de LACINIERE, brillant enquêteur, est aussi complexe qu'efficace.

Tel un Braquo des années 1900, il mène son équipe avec dévouement et n'hésite pas à déroger aux règles pour atteindre son but et arrêter l'assassin. Se pliant à la hiérarchie avec difficulté, il a l'étoffe des héros. Parfois antipathique et souvent irrévérencieux, il ne fait pas l'unanimité, semble parfois lointain et ce côté obscur donne de l'intensité à sa personnalité.

Je ne sais pas si François BARRANGER ambitionne de mettre en scène LACINIERE dans son prochain polar mais il est clair que si c'est le cas, je suivrais ses enquêtes avec assiduité tellement il m'a intriguée et plu.

Le dénouement de l'enquête, absolument inattendu pour moi, n'a fait que renforcer mon avis enthousiaste.

Vous l'aurez compris, j'ai été plus que fascinée par L'EFFET DOMINO qui nous entraîne dans les bas- fonds de PANAME aux côtés d'enquêteurs investis et éclairés pour démêler une enquête ambitieuse jalonnée d'assassinats habilement organisés.

Avis aux amateurs, vous m'en direz des nouvelles ! 

 

MYMY

L'EFFET DOMINO de François BARANGER, paru aux Editions BRAGELONNE en février 2017

 

 

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