Cousines de lectures.......

27 janvier 2020

LA FEMME REVELEE de Gaëlle NOHANT

 

 

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Après avoir lu les précédents romans de Gaëlle NOHANT,  c’est avec avidité et plaisir que je me suis plongée dans ce nouvel opus dont je n’ai pas lu volontairement la quatrième de couverture.

En réalité, le seul nom de l’auteur et son titre très mystérieux mais  à la fois révélateur m’ont  suffit pour déclencher chez moi une envie irrépressible de retrouver la plume de la romancière.

 

Quatrième de couverture de l'éditeur :

 

Paris, 1950. Eliza Donneley se cache sous un nom d’emprunt dans un hôtel miteux. Elle a abandonné brusquement une vie dorée à Chicago, un mari fortuné et un enfant chéri, emportant quelques affaires, son Rolleiflex et la photo de son petit garçon. Pourquoi la jeune femme s’est-elle enfuie au risque de tout perdre  ?
Vite dépouillée de toutes ressources, désorientée, seule dans une ville inconnue, Eliza devenue Violet doit se réinventer. Au fil des rencontres, elle trouve un job de garde d’enfants et part à la découverte d’un Paris où la grisaille de l’après-guerre s’éclaire d’un désir de vie retrouvé, au son des clubs de jazz de Saint-Germain-des-Prés. A travers l’objectif de son appareil photo, Violet apprivoise la ville, saisit l’humanité des humbles et des invisibles.
Dans cette vie précaire et encombrée de secrets, elle se découvre des forces et une liberté nouvelle, tisse des amitiés profondes et se laisse traverser par le souffle d’une passion amoureuse.
Mais comment vivre traquée, déchirée par le manque de son fils et la douleur de l’exil ? Comment apaiser les terreurs qui l’ont poussée à fuir son pays et les siens ?  Et comment, surtout, se pardonner d’être partie  ?
Vingt ans plus tard, au printemps 1968, Violet peut enfin revenir à Chicago. Elle retrouve une ville chauffée à blanc par le mouvement des droits civiques, l’opposition à la guerre du Vietnam et l’assassinat de Martin Luther King. Partie à la recherche de son fils, elle est entraînée au plus près des émeutes qui font rage au cœur de la cité. Une fois encore, Violet prend tous les risques et suit avec détermination son destin, quels que soient les sacrifices.

Décidément, Gaëlle NOHANT a un réel talent pour captiver ses lecteurs et nous proposer à chaque nouvel opus des histoires terriblement romanesques parfaitement bien documentées .

Dans une première partie de ce nouveau roman, à travers la vie de son héroïne, l’auteur  nous plonge  au cœur du PARIS des années cinquante, nous décrit avec justesse  le Saint- Germain-des- près d’après guerre et l’apparition de ses fameux clubs de jazz, elle nous explique la place des femmes ainsi que celle des laisser pour compte de l’époque comme en témoigne le personnage de Rosa.  Passionnée de photographie, Eliza/Violet ne se sépare jamais de son Rolleiflex et c’est à travers son objectif que nous découvrons tout ce microcosme parisien alors que notre américaine commence sa seconde vie dans la capitale.

Mais, autant le préciser d’emblée, j’ai eu de vraies difficultés à m’attacher au personnage de Eliza/Violet au début du récit de sa fuite. En effet, pour moi, rien, ou presque, ne peut justifier l’abandon d’un enfant et j’ai eu de réelles réticences à comprendre son geste.

Cependant, au fil des pages et alors que ses motivations et les raisons qui l’ont contrainte à partir se révèlent, j’ai commencé à apprécier la femme, ses combats, sa détermination et même comprendre sa souffrance d’avoir laissé derrière elle son petit garçon. J’ai ressenti toute sa douleur et réalisé l’impasse dans laquelle elle se trouvait et expliquait sa conduite. C’est dire toute l’intelligence de Gaëlle NOHANT qui a su imaginer une héroïne complexe et imparfaite  qui finalement suscite l’empathie malgré ses choix.

Dans une seconde partie, Gaëlle NOHANT nous rapatrie dans le CHICAGO de la fin des années soixante , la contestation gronde alors que la guerre du VIETNAM  a débuté, les droits des afro-américains sont toujours bafoués, Eliza/Violet revient aux ETATS UNIS et  tente de renouer avec son passé et ses hommes : Son fils, tout d’abord , qu’elle a perdu de vue mais qui reste sa raison de vivre et son grand amour, Sam, homme au passé trouble rencontré à PARIS qu’elle a quitté mais ne peut oublier.

Là, encore, l’auteur  décrit et explique minutieusement les enjeux politiques et sociaux de l’AMERIQUE de l’époque tout en mêlant la petite histoire d’Eliza/Violet à la grande Histoire. Partager les questionnements, les engagements et  les doutes de notre héroïne nous mènent, notamment grâce à son appareil photos, au cœur de l’action des opposants au VIETNAM, de la campagne présidentielle de 1968 et des magouilles du maire en place dans cette fascinante ville de CHICAGO.  La vraie personnalité d’Eliza/Violet éclate au grand jour, elle se montre passionnée, investie, militante  et prête à tout pour regagner l’amour de son fils, elle est éblouissante et enflammée, magnifique figure féminine de son temps. Et j’avoue qu’elle m’a conquise dans cette seconde partie de sa vie….

Dans LA FEMME REVELEE, Gaëlle NOHANT n’hésite pas à mélanger les genres, elle ne nous propose pas une histoire d’amour mais des histoires d’amour, elle intrigue, fait durer le suspens, nous tient en haleine tout en recréant un contexte historique et politique des deux cotés de l’ATLANTIQUE et elle réussit cette prouesse avec brio.

Au détour des aléas de la vie de son héroïne, Gaëlle NOHANT prend la peine de distiller quelques principes humanistes et engagés qui démontrent qu’elle écrit pour divertir ses lecteurs mais aussi éveiller leur conscience , elle le fait avec intelligence et sa plume est toujours un ravissement. Personnellement, je ne m’en lasse pas, j’aime cette recherche scrupuleuse  du mot juste, de la phrase qui fait mouche et sonne parfaitement.

Je crois que vous l’aurez compris, je suis UNE FEMME CONQUISE par LA FEMME REVELEE de Gaëlle NOHANT, il serait vraiment dommage de ne pas se laisser séduire par ses charmes ….

MYMY

LA FEMME REVELEE de Gaëlle NOHANT paru aux éditions GRASSET en janvier 2020.

 

 

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19 janvier 2020

L'IMPASSE d'Olivier DESCOSSE

 

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Lorsque le fils du célèbre écrivain Marc CARON disparaît, l'étau se resserre autour de cet homme qui depuis plusieurs mois lutte pour cacher à tous ses délires psychiatriques. Derrière la façade de celui à qui tout réussit se révèle un homme rongé par l'angoisse et lentement atteint par une folie qui le conduit à ne plus rien maîtriser et à douter de ce qu'il est capable de faire pendant ces crises dont il n'a aucun souvenir lorsqu'il en ressort. Pourquoi ne se souvient-il pas de ce qu'il a fait pendant les heures où Arthur est sensé s'être évaporé? Est-il le propre responsable de l'enlèvement de son fils? La police n'a aucun doute et voit en lui le coupable idéal, et il sera bien difficile à Marc CARON d'échapper à l'engrenage judiciaire et de conserver des alliés pour retrouver son enfant.

Cette lecture a été pour moi l'occasion de faire un tour dans les montagnes russes! 

J'ai d'abord eu beaucoup de difficultés à entrer dans l'histoire; j'ai trouvé que le récit peinait à se mettre en place, que l'énigme tournait en rond sans décoller. En y réfléchissant, je pense que c'est dû à l'antipathie que m'a tout de suite inspiré le personnage de Marc CARON. Un écrivain pénible, hautain, méprisant envers son public; je ne sais pas qui est visé par cette description, mais j'ai vraiment cru reconnaître quelques-uns et ça ne m'a pas forcément plu. D'une part parce que je trouve que ça n'apporte rien au récit et que j'ai eu l'impression que l'auteur réglait gratuitement quelques comptes, d'autre part parce que - je dois bien l'avouer - je n'aime pas qu'on s'attaque à mes idoles et qu'on les démystifie! 

Toutefois, même si c'est long, une fois que l'histoire est lancée (150 pages quand même!) je me suis retrouvée pleinement entraînée.

J'ai trouvé intéressante cette division du livre en trois parties axée tour à tour sur Marc, sa femme puis son fils, qui permet évidemment de renouveler les points de vue et de relancer l'histoire.

J'ai aimé cette ambiance où Marc CARON est amené à douter de tout et d'abord de lui-même, où il n'est plus maître de rien alors que d'habitude c'est lui, l'écrivain, qui joue les marionnettistes avec ses personnages dans ses livres. Il va devoir faire confiance à des gens aux antipodes de ceux qu'il côtoie habituellement, découvrir qu'il est l'objet d'une vaste manipulation et chercher qui en est l'auteur.

Le positionnement de Lucile, la femme de Marc, n'est pas très original - cette mère prête à tout pour sauver son fils et qui refuse de croire en la culpabilité de son époux- mais le personnage reste efficace même si certains de ses actes m'ont laissée perplexe en termes de crédibilité...

En tout cas, l'histoire prend, ça part dans tous les sens, les pistes se multiplient et on ne voit toujours pas qui avait intérêt à faire basculer ainsi la vie de Marc CARON. Parce que oui, à un moment donné, cette question prend le pas sur celle de savoir ce qui est arrivé au gamin! 

Alors, forcément, alors que j'avais retrouvé plein d'espoir, quelle déception que cette fin! J'ai éprouvé un véritable sentiment de "tout ça pour ça". La résolution de l'énigme tombe à plat. L'identité du responsable est clairement décevante et ses mobiles à mon sens très peu crédibles. Une telle histoire méritait un meilleur méchant ! 

Un avis forcément mitigé donc, mais à vous de vous forger le vôtre!

Je remercie les Editions Michel LAFON et Camille GROELLY pour leur confiance renouvelée.

ANNE-CE 

 

L'IMPASSE d'Olivier DESCOSSE, paru aux Editions Michel LAFON le 24 octobre 2019

Posté par ANNECEMYMY à 17:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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