La-malicieuse-revanche-d-un-souffre-douleur

 

C'est la rentrée au collège pour Arthur. Que vous vous souveniez de la vôtre ou que vous appréhendiez celle de vos enfants, il y a consensus sur le fait que la 6ème, c'est un grand changement : on intégre un nouvel établissement, on change de salles entre les cours, on n'a plus un mais des profs, et surtout, les plus grands du primaire deviennent les plus petits du collège. C'est à ce bouleversement que va devoir se faire Arthur; surtout intégrer la bande, se fondre dans la masse, surtout ne pas devenir celui à qui on s'en prend, et surtout, surtout, cacher aux autres qu'on est le fils du ministre de l'Education nationale et laisser celui du directeur occuper le poste de souffre-douleur. Et puis, si possible, parvenir à attirer l'attention de Giovanna. Exister à ses yeux tout en demeurant invisible à ceux des autres. Alors quand Thierry, le fils du directeur, l'entraîne à son insu dans le projet du journal du collège, Arthur y voit l'occasion d'impressionner la belle, sans mesurer l'exposition que cela va engendrer et le fait que Thierry cherche surtout à sauver sa peau, quitte à risquer celle d'un autre.

Serge FARNEL signe ici un premier roman sensible qui fera résonner une certaine nostalgie en chacun et remonter des souvenirs que nous avons tous. Etiez-vous Thierry, celui qui se fait chahuter? Ou Igor, le grand costaud que personne n'embête? Ou Benoît le petit malin, le chef de bande qui s'est pris Igor comme garde du corps? Ou encore Georges et Mathieu, les p'tits gros de la cour? Etiez-vous trop petit, trop grand, trop gros ou trop maigre, trop black, à cette époque où on veut surtout être comme tout le monde alors qu'on voudra à tout prix se distinguer quelques années plus tard?

Pour être parfaitement honnête, il m'a fallu passer le premier chapitre pour commencer à adhérer à l'histoire. J'ai trouvé que celui-ci n'était pas très réussi : trop lent, trop long,  j'ai eu l'impression qu'on n'allait jamais sortir de la classe de Madame PINSON et ça m'a fait un peu peur pour la suite du roman. En réalité, il aurait été dommage de s'arrêter là, car plus jamais je ne me suis ennuyée avec cette lecture. 

Le personnage d'Arthur est très attendrissant. Ses ruses pour s'attirer l'attention de Giovanna sont touchantes, c'est un enfant qui se cherche mais qui dispose d'une grande maturité et qui se rend bien compte que quelque chose ne va pas dans le comportement que lui et ses camarades adoptent vis à vis de certains autres. J'ai trouvé très intéressante la confrontation constante de son comportement quotidien aux points de vue de ses parents et surtout de sa tante, personnage savoureux et drôlissime, cynique à souhait sur la cruauté des enfants entre eux. Et surtout, les efforts qu'Arthur déploie pour se faire punir envers et contre tout, et éviter un régime de faveur dû aux fonctions de son père qui ne ferait que le stigmatiser vis à vis des autres, provoquent des situations cocasses qui vous donneront plusieurs fois le sourire.

Racisme, respect d'autrui, entraide, solidarité, volonté de s'intégrer, violences à l'école, ébauche de vie et de travail en collectivité, découverte de la démocratie, autant de sujets abordés par ce livre. 

Il se dégage de ce roman un message de tolérance et d'acceptation des différences qui devrait être délivré à tous les enfants à cet âge où ils peuvent être à la fois si fragiles et si cruels.

Un grand merci à Serge FARNEL pour sa confiance et l'honneur qu'il m'a fait en me transmettant son bébé.

ANNE-CE 

 

LA MALICIEUSE REVANCHE D'UN SOUFFRE-DOULEUR de Serge FARNEL, paru aux Editions MAZARINE le 6 septembre 2017