L-Enfant-de-la-prochaine-aurore

 

Le nouveau roman de la grande Louise ERDRICH a été l'occasion pour ANNE-CE d'une découverte et d'une confirmation pour MYMY. Les Cousines ont partagé une nouvelle fois la lecture d'un roman marquant de cette rentrée littéraire de janvier 2021 et on vous donne notre avis... un peu mitigé; on vous dit pourquoi. 

 

Quatrième de couverture de l'auteur :

Notre monde touche à sa fin. Dans le sillage d'une apocalypse biologique, l'évolution des espèces s'est brutalement arrêtée, et les États-Unis sont désormais sous la coupe d'un gouvernement religieux et totalitaire qui impose aux femmes enceintes de se signaler. C'est dans ce contexte que Cedar Hawk Songmaker, une jeune Indienne adoptée à la naissance par un couple de Blancs de Minneapolis, apprend qu'elle attend un enfant. Déterminée à protéger son bébé coûte que coûte, elle se lance dans une fuite éperdue, espérant trouver un lieu sûr où se réfugier. Se sachant menacée, elle se lance dans une fuite éperdue, déterminée à protéger son bébé coûte que coûte.

 

L'avis de MYMY

Le nouveau roman de Louise ERDRICH, grande dame de la littérature américaine et combattante insatiable de la cause amérindienne, est en rupture avec ses écrits précédents. En effet, la romancière nous propose une dystopie, comparée à juste titre à LA SERVANTE ECARLATE de Margareth ATWOOD car la thématique principale est la fertilité féminine et son contrôle. Elle nous décrit un monde où l’espèce humaine décline et les naissances à venir sont dangereuses  pour sa survie. L’héroïne tente par tous les moyens de fuir l’oppression et de sauver son futur enfant, elle a des soutiens, se cache, se bat et fuit pour simplement devenir mère. Louise ERDRICH aborde encore une fois des sujets qui lui tiennent à cœur : la maternité, l’identité amérindienne avec son héroïne indienne adoptée par des blancs, la domination, la religion et l’engagement politique mais elle offre un nouveau contexte à son récit. Elle imagine un monde proche de notre quotidien mais qui périclite à cause des hommes eux-mêmes, de leur manque  de prise de conscience d’une sauvegarde impérative et urgente de la nature et de leur bien le plus précieux, leur vie.

Alors oui, tout au long de ce roman on retrouve la plume poétique et envoutante de Louise ERDRICH, oui les thématiques de ce nouvel opus sont actuelles et bien traitées mais je dois dire que Louise ERDRICH m’a un peu perdue… Les longues digressions religieuses m’ont exaspérée, ou encore le manque de cohérence dans certains faits m’a déconcerté et finalement c’est avec un brin de déception que j’ai refermé ce livre. Alors que jusqu’à maintenant, j’avais adoré lire cette romancière.

Peut être que ce n’était pas le bon moment pour moi de le lire, peut être que j’attendais plus du sujet, peut-être que l’auteur en reprenant l’écriture de ce roman commencé en 2002 et finalement achevé en 2016 s’est égarée… Bref, il est évident pour moi que L’ENFANT DE L’AURORE n’égale pas LaRose ou LE SILENCE DU VENT…

 

L'avis d'ANNE-CE

Ca avait pourtant tellement bien commencé ! J'ai aimé, dès les premières pages, me trouver plongée dans un sentiment d'urgence très bien crée par l'écriture de Louise ERDRICH, que je découvre avec ce roman. Immédiatement, on sent le danger qui rôde au-dessus de la jeune femme et de l'enfant qu'elle porte, et ce danger est d'autant plus inquiétant qu'il reste totalement mystérieux.

Sauf que ces atmosphères ne fonctionnent que si, en définitive, on finit par avoir le fin mot de l'histoire. Or ici, j'ai refermé ce livre avec autant de questions qu'au début, l'impression d'avoir tourné en rond et perdu mon temps. Clairement, la référence avec LA SERVANTE ECARLARTE est un attrape-nigauds et je me suis fait avoir.

L'auteur en effet ne développe absolument pas le contexte dystopique dans lequel elle a placé son intrigue. On sait en plus en lisant la quatrième de couverture qu'en finissant le livre. Que s'est-il passé exactement aux ETATS-UNIS pour en arriver là? Désastre biologique, climatique? Que recherche-t-on exactement chez ces enfants à naître que quelqu'un (mais qui?) veut repértorier et surveiller? On ne le saura pas.

Du coup, j'ai l'impression qu'on a voulu attirer le lecteur en mettant en avant une dystopie qui n'est que de façade et qui n'était pas du tout indispensable à l'histoire.

J'ai trouvé l'ensemble des personnages sans aucun attrait, Cedar Hawk Songmaker ne m'a touchée à aucun moment, ni dans sa quête de ses origines - d'ailleurs purement utilitaire- ni dans sa fuite et sa protection de son enfant à naître.

Le roman, pourtant rédigé sous forme d'une lettre à destination de son bébé, prêtait justement à l'intime, à l'émotion, au lien mère-enfant même avant la naissance; autant de sujets qui auraient pu réussir mais qui font pourtant une histoire plate et monotone. 

Les délires mystiques de l'héroïne - et la théorie de la conception de Jésus par l'oreille de Marie - ont fini de m'achever.

Je suis clairement passée à côté de ce roman que j'avoue ne pas avoir compris.

En définitive, je n'ai qu'une chose à vous dire: Si vous avez aimé LA SERVANTE ECARLATE, vous risquez fort de ne pas être séduite par ce roman (mais lisez-le et revenez me dire que j'avais tort).

 

L'ENFANT DE LA PROCHAINE AURORE de Louise ERDRICH, paru aux Editions ALBIN MICHEL le 6 janvier 2021