Surface

 

Un nouvel opus d'Olivier NOREK, les cousines de lectures ne pouvaient pas rater ça …

Sauf qu’il s’agit du cinquième roman de l’auteur, que désormais il écrit un livre tous les ans et qu’elles redoutent le roman de trop, celui qui sera moins... moins bien écrit, moins intéressant, moins captivant !

C’est donc un peu soucieuses que les cousines ont lu SURFACE...

 

Noémie, chef de groupe à la Brigade des stupéfiants de PARIS, se retrouve défigurée suite à une opération qui a mal tourné. Lorsque vient le temps de reprendre du service, sa hiérarchie cherche à se débarasser d'elle en l'expédiant dans l'AVEYRON. Mais la mission administrative va rapidement prendre une tournure inattendue pour la capitaine tourmentée.

 

L’AVIS DE MYMY

Le premier mot qui m’est venu à l’esprit à la fin de ma lecture de ce dernier roman d'Olivier NOREK  est "efficace".

En effet, dès les premières pages, le récit démarre sur les chapeaux de roue, le ton est donné et le lecteur est plus que ferré à peine le roman entamé.

L'auteur embarque le lecteur immédiatement dans l’action et de façon explosive. La première scène agît telle une déflagration, c'est le cas de le dire, et détermine le destin de notre héroïne. Noémie est une policière cabossée au sens propre comme au figuré, c'est une femme attachante et héroïque qui ne mâche pas ses mots et surmonte la douleur, les difficultés avec bravoure, elle suscite rapidement l'empathie et l'intérêt du lecteur par sa complexité et son humanité. 

Le décor de l’intrigue est le milieu rural, une petite ville  de l’AVEYRON, région chère à l’auteur dans laquelle est envoyée Noémie, notre femme flic défigurée pour être tenue éloignée de ses collègues car elle incarne l’échec d’une mission, les dangers du métier qui reviennent en pleine face.

Olivier NOREK réussit encore une fois avec brio à délocaliser son enquête et ses héros. Lui, le flic du 93 est aussi à l'aise dans la jungle de Calais, qu'en banlieue parisienne ou encore au fin fond de l'AVEYRON comme le prouve SURFACE. Il nous entraîne avec intelligence dans un cold case qui permettra à notre policière de récupérer sa place dans la fonction, dans la société et agira sur elle telle une thérapie pour se retrouver elle-même malgré sa défiguration .

J’ai trouvé que, dans ce dernier opus, l’auteur avait une fois de plus affiné sa plume, ses dialogues sont directs et percutants et sa description de la campagne est très inspirante. Son héroïne est convaincante, l’intrigue très bien amenée et ficelée.

Bref, cinquième roman et cinquième réussite pour Olivier NOREK et moi, je suis déjà curieuse et impatiente du sixième !

 

L'AVIS D'ANNE-CE 

La réussite de SURFACE - parce que c'en est une, je ne contredirai pas ma cousine sur ce point - c'est d'abord la réussite de son personnage. 

Noémie, cette jeune flic défigurée au cours d'une mission, qui a tout perdu dans cette explosion : son visage, son compagnon. Et quand elle tente de puisser toute sa force de résilience dans la seule chose qui lui permettre de tenir, son boulot, ça aussi on va lui enlever.

Parce qu'elle est un rappel constant des risques qu'encourrent tous les jours les flics, parce que ses collègues n'ont pas envie d'avoir sous le nez tous les jours l'horreur de ce qu'elle est désormais, son placard sera l'AVEYRON et un obscur audit administratif.

C'était sans compter sur le courage, la ténacité, la fureur de vivre de Noémie, qui saura rebondir et faire - dans l'AVEYRON aussi bien qu'à PARIS - ce pour quoi elle est faite.

Bien évidemment, ce qui rend Noémie si attachante, c'est la sincérité du propos, le sentiment qu'Olivier NOREK en a  connu, des Noémie, dans sa vie de flic, et peut-être même qu'elles s'appelaient Babeth, Yann, Corinne, Jamy et Stéphane. 

Evidemment le métier d'Olivier NOREK est une source d'inspiration pour ses romans, mais j'apprécie aussi le message - subtil mais présent, présent mais jamais moralisateur - qui transpire de chacun d'eux. La défense des collègues, la volonté de restaurer un peu de ce respect et de cette confiance dans des forces de l'ordre tant malmenées ces derniers temps, expliquer ce qu'il y a derrière l'uniforme et dont le citoyen n'est pas toujours conscient. La rivalité gendarmerie/police, l'hommage à ces brigades spécialisées méconnues du grand public, l'hypocrisie et le manque d'humanité de certaines hiérarchies, autant de sujets mis en avant et inscrits de manière parfaitement fluide dans l'intrigue.

Cette intrigue qui est tout autant réussie que le personnage de Noémie.

J'ai adoré cette version de l'ATLANTIDE, ce soupçon de surnaturel, de mythologie donnée au récit, et il y a toujours cette urgence dans l'écriture, ce suspense et ces rebondissements indispensables à un bon roman policier.

Si je veux faire la fine bouche, je dirais que la "love touch" est superflue (hé oui, je me plains quand on fait du mal aux chats, mais aussi quand ça finit trop bien) et surtout, j'ai quand même une réclamation Monsieur NOREK, parce que vous l'aviez promis pourtant : il revient quand Victor?

 

SURFACE d'Olivier NOREK, paru aux Editions Michel LAFON le 4 avril 2019