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LE DERNIER HYVER s'ouvre avec le massacre d'Hypathie, savante égyptienne tuée en 415 après JC, avant de basculer en juillet 2018 où Marie DUCHESNE commence un stage à la police scientifique et technique de PARIS. Et pour ses débuts, ce n'est pas une banale scène de crime qui l'attend, mais un meurtre particulièrement sauvage. Très vite, la jeune scientifique sent confusément qu'un lien l'unit à cette affaire, alors même qu'elle semble puiser ses origines dans la lointaine antiquité, point de départ d'une quête menée à travers les siècles et qui semble sur le point de parvenir à son terme. 

Difficile de croire que LE DERNIER HYVER est un premier roman, tellement il est abouti.

Historique, scientifique, policier, féministe, avec un soupçon de surnaturel, LE DERNIER HYVER parvient à être tout cela à la fois sans se disperser, et le défi de réussir à mélanger tous ces aspects sans s'embourber n'est pas des moindres.

Historique et scientifique : il faut saluer le travail de recherche de l'auteur et la facilité avec laquelle il nous distille ses connaissances et nous instruit sans jamais nous étouffer.

A mon sens, cela tient d'une part à l'écriture de Fabrice PAPILLON, simple, enlevée, avec un vocabulaire compréhensible en regard de la montagne de connaissances qu'elle déroule; c'est essentiel pour que la description ne tourne pas au catalogue fastidieux.

Cela tient aussi à l'alternance passé/présent des chapitres, qui donne au roman un rythme trépidant et relance sans cesse l'énigme, puisqu'on est tour à tour plongé dans l'Histoire puis ramené à l'enquête policière et de nouveau ancré dans notre réalité par des allusions à notre époque contemporaine, comme les attentats islamistes et le déménagement du 36 quai des Orfèvres aux BATIGNOLLES.

Car LE DERNIER HYVER reste un thriller, avec des victimes démembrées et calcinées, la recherche des coupables et de leur mobile et sur ce point, là encore ça fonctionne : le suspense existe et vous allez vouloir savoir.

C'est un récit foisonnant de connaissances mais aussi de personnages passés et présents.

Vous y croiserez des figures connues comme HERMES, VOLTAIRE, Elisabeth Ier, Marie TUDOR, Catherine de MEDICIS, Irène CURIE, et d'autres dont vous n'aviez même jamais entendu prononcer le nom.

Les personnages modernes d'Elisabeth et d'Emilie, mère et soeurs de Marie, sont mystérieux et fascinants. Par ailleurs, si vous connaissiez la BRI, le RAID, la PTS; vous découvrirez les cataflics du GIP.

Enfin, j'ai beaucoup aimé l'énigme autour du titre du livre, sa signification savamment dévoilée tout au long de la lecture, jusqu'à la touche finale.

Alors oui, certains passages manquent de crédibilité, l'explication Sarah BRUNIER méritait mieux et l'emballement féministe final m'a fait lever les yeux au ciel devant une telle caricature, mais l'auteur est allé jusqu'au bout de son idée et cette fin reste cohérente avec l'ensemble.

Merci à Lecteurs.com et aux Editions BELFOND pour avoir permis la lecture de ce livre dans le cadre des Explorateurs du polar.

ANNE-CE

 

LE DERNIER HYVER de Fabrice PAPILLON, paru aux Editions BELFOND le 5 octobre 2017