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Il  y a des romans qui vous touchent plus personnellement, plus intensément. Ce fut le cas pour moi avec le dernier opus de Frédéric COUDERC qui nous offre un récit terriblement romanesque et documenté sur les enfants volés d’ARGENTINE sous la dictature militaire et le combat des Grands-mères de mai.

Une histoire bouleversante et un contexte historique terrifiant qui m’ont captivée. 

Ariane et Gabriel contemplent tous les deux la toile d’un grand peintre de BUENOS AIRES  lors d’une exposition au HAVRE. Entre le réfugié argentin et la belle quadragénaire,  la discussion s’engage et très vite l’attirance naît. Outre leur intérêt pour la peinture, ils partagent leur expérience de la capitale argentine, puisque Ariane, femme de diplomate, a vécu quelques années en tant qu’expatriée dans la mégapole. Gabriel, hanté par la disparition de sa fiancée 20 ans plus tôt sous la dictature de VIDELA, a été bouleversé par cette rencontre furtive mais intense et il  provoque à nouveau un rendez-vous inopiné.  Ariane sous le charme de ce beau brun, traverse une période difficile, envahie de doutes, elle se confie à lui. Suite à la découverte de documents compromettants concernant l’adoption en ARGENTINE  de sa fille, Clara, Ariane soupçonne son mari d’avoir orchestré cette procédure illégale. Très vite, Gabriel et Ariane arrivent à la conclusion que Clara est peut-être une enfant volée d’ARGENTINE et c’est en couple, plus forts que jamais, qu’ils décident de tout révéler à la jeune fille et de partir à BUENOS AIRES  pour découvrir ses origines aussi terribles soient elles… Cette quête de vérité fera ressurgir les fantômes et les atrocités du passé pour Gabriel et Ariane.

Frédéric COUDERC réussit le tour de force de nous conter une très belle histoire d’amour sur fond de tragédie humaine qui nous captive et nous bouleverse. Dans les années 70 en ARGENTINE, il nous explique les enjeux du régime militaire, dénonce ses acteurs  et n’hésite pas à pointer du doigt la France qui a intrigué sous VIDELA. Impossible de rester insensible au récit macabre des vols de la mort, ces vols pendant lesquels les opposants au régime militaire étaient « balancés »  des avions pour voir leur corps se disloquer à leur arrivée au contact de l’océan, impossible de ne pas imaginer les horreurs de la torture que les victimes ont dû endurer avant leur assassinat et enfin impossible de ne pas partager les angoisses d’Ariane à la recherche des origines obscures de sa fille Clara. Surtout lorsque, comme moi, vous êtes mère adoptive d’une princesse venue d’ailleurs.

Mais le roman de Frédéric COUDERC, c’est aussi une rencontre magnifique entre deux solitudes, entre deux âmes en quête, entre Ariane et Gabriel qui se reconnaissent au premier regard et ne pourront vivre l’un sans l’autre jusqu’à la découverte de la vérité pour l’un et pour l’autre, qui deviendront au fil des pages amants et confidents. J’ai aimé leur intimité, leur enquête pour savoir, pour enfin découvrir comment Véro, le premier amour de Gabriel est morte et comment Clara a pu être confiée à l’adoption et dans quelles conditions.

AUCUNE PIERRE NE BRISE LA NUIT a été pour moi une magnifique lecture que je vous invite à partager, un roman sur le deuil, les origines et les barbaries humaines perpétrées par la junte argentine …mais aussi une formidable histoire d’amour !

 

MYMY

AUCUNE PIERRE NE BRISE LA NUIT de Frédéric COUDERC paru aux éditions Héloïse D'ORMESSON le 3 mai 2018