Le-cri

 

Sarah GERINGEN est flic à OSLO; ancienne des forces spéciales, elle est connue pour avoir arrêté Ernest JANGER, un tueur en série jusque-là insaisissable. Lorsque sa nouvelle affaire ramène ses pas à l'hôpital psychiatrique où l'assassin est depuis enfermé, Sarah  ne sait pas si elle est psychiquement prête à affronter de tels démons. Parce que la folie, elle connaît et elle sait qu'il est facile de basculer à nouveau, d'autant qu'elle est émotionnellement fragilisée par l'effondrement de sa vie sentimentale et son projet d'enfant. Elle redoute de côtoyer de nouveau cet univers, mais un patient de l'asile est décédé. Tout le personnel tente de la convaincre qu'il s'agit d'une mort naturelle, mais Sarah découvre vite qu'on lui cache des choses au sujet de ce patient, mort pétrifié dans une expression de terreur absolue, avec le nombre 488 gravé sur le front, et manifestement pas à l'endroit qu'on voudrait lui faire croire; le corps a été déplacé.  

C'est bien connu, ce qu'on ne comprend pas nous effraie. La psychiatrie, ces gens comme vous qui vrillent d'un coup et peuvent se mettre à faire des trucs horribles; ces trucs horribles que la médécine a pu leur faire pour les soigner, comme les lobotomies; ces cris qui déchirent les couloirs d'un hôpital; ces légendes d'expériences interdites sur des patients bien incapables de se plaindre ou de résister... c'est dans ce charmant univers que vous plongera LE CRI.

Dès le départ ça fonctionne, c'est angoissant, oppressant, haletant - ça va à cent à l'heure et l'histoire prend de très nombreuses ramifications - et surtout intrigant.

Le personnage mystérieux de Sarah GERINGEN rajoute de l'ampleur à une intrigue qui n'en manque déjà pas et qui immédiatement vous attrape. Cette jolie rousse est un mur pour ses interlocuteurs; elle ne parle que lorsque c'est nécessaire, elle refuse tout contact physique avec ses vis-à- vis dont la tentative de poignée de main reste dans le vide, elle est farouche, arme dans une main et tube d'anxiolytiques dans l'autre. Et bien évidemment, son passé psy détonne dans le décor que lui a réservé cette nouvelle enquête.

L'intrigue est elle-même est hors norme. Basée sur des faits réels imputés à la CIA et que je vous laisse appréhender vous-même, elle est de celle qui vous glaçe les sangs et qui vous rappelle que les monstres existent. Pour autant, j'avoue qu'à un moment, l'auteur m'a perdue. Pour moi, le délire est parti un peu trop loin, mais c'est sans doute lié à la survenance d'un thème auquel je suis quasi allergique et dont bien évidemment vous ne saurez rien.

Amateur de thrillers, laissez-vous tenter par LE CRI, efficace à souhait. Mais des cris, c'est bien vous qui pourriez en pousser tout au long de cette lecture, qu'ils soient de surprise, d'effroi ou d'incrédulité.

 

ANNE-CE

LE CRI de Nicolas BEUGLET, paru aux Editions XO en septembre 2016