Et-a-la-fois-je-savais-que-je-n-etais-pas-magnifique

 

J'ai vu passer ce livre sur mon fil d'actualité, et c'est surtout son titre avant même son sujet qui m'a immédiatement paru sublime et très intrigant. Je n'ai donc pas hésité quand je me suis vue offrir la possibilité d'un partenariat via BABELIO et les Editions L'AGE D'HOMME, que je remercie.

COSKA est un jeune homme secret et réservé inscrit dans une école d'art à laquelle il ne parvient nullement à s'intégrer. Dans cette enceinte où la créativité devrait régner, il ne voit que du conformisme chez ses camarades, de l'uniformité, et il étouffe. Toujours à l'écart des autres élèves, isolé dans un livre, il sèche les cours et finit par se faire renvoyer de l'établissement, malgré le soutien de BATAILLE, seul professeur à refuser de le laisser gâcher le talent qu'il décèle chez COSKA. Livré à lui-même, il décide alors de réaliser le projet qui lui tient à coeur, celui de se faire publier. Il confie son manuscrit à un vieux libraire revêche, et participe dans le même temps à un concours, organisé par une célèbre marque de vêtements, pour écrire le concept de sa prochaine collection.

COSKA va ainsi être immergé dans le monde de la mode et y retrouver, accentué au centuple, la superficialité, les mensonges, les trahisons et les excès qui l'ont amené à fuir son école d'art. Un monde où seuls la réussite, les profits et le paraître comptent, où l'humain est quantité négligeable alors que COSKA croyait toucher à son rêve d'écrivain. Pour l'espoir de réaliser celui-ci, le jeune homme va se renier et rapidement se perdre, prenant le risque de définitivement y égarer tant son corps que son esprit. 

Il m'a fallu quelques pages pour que l'histoire m'accroche. Tout le premier chapitre, qui compte quand même une cinquantaine de pages, est rédigé à la troisième personne du singulier, et cette distance a fait obstacle à ce que je rentre dans l'histoire, rendant par ailleurs, à mon sens, le style un peu lourd voire même parfois ampoulé. J'ai immédiatement senti la différence quand au chapitre deux COSKA devient le narrateur; un changement de rythme salutaire, qui a relancé mon intérêt jusque-là quelque peu assoupi et perplexe, et mon envie de découvrir plus avant le personnage de COSKA à travers cette proximité nouvelle.

Assurément, ET A LA FOIS JE SAVAIS QUE JE N'ETAIS PAS MAGNIFIQUE est une leçon de vie. Ce roman parle des rêves de jeunesse, de l'ambition de la jeunesse, de sa naïveté, de ce dont elle est capable pour réussir, de ce qu'elle est parfois amenée à sacrifier. Il évoque aussi et surtout, car c'est cela que l'on voudra retenir de ce roman, sa capacité de résilience face à l'échec et à la déception, et de l'espoir jamais éteint qu'elle porte.

Il m'a tout de même manqué un peu de matière; l'histoire aurait gagné à bénéficier d'un peu plus de profondeur, et quelques passages m'ont laissée perplexe et n'ont à mon sens pas suffisamment d'explications, mais il ne faut pas oublier qu'il s'agit du premier roman de l'auteur et qu'à ce titre, ce livre est tout de même très réussi.

A noter enfin, une très jolie préface de Philippe BESSON.

 

ANNE-CE

ET A LA FOIS JE SAVAIS QUE JE N'ETAIS PAS MAGNIFIQUE de Jon MONNARD, paru aux Editions L'AGE D'HOMME en mars 2017