La-maison-des-hautes-falaises

 

Régulièrement, ma cousine de lectures essaie de me faire lever le nez de mes polars. Parfois ça fonctionne au-delà de toute espérance, comme avec L'INSTANT PRECIS OU LES DESTINS S'ENTREMELENT, mais d'autres fois...

Lex a quitté SYDNEY et la frénésie de la ville pour venir s'installer sur la côte australienne dans un petit village plus que perdu. Une façon pour lui de rompre brutalement et totalement avec son ancienne vie et les douleurs qui ont jalonné celle-ci, même si sa mère et sa future ex-femme sont persuadées qu'il ne tiendra pas longtemps ainsi coupé de la civilisation. Il rencontre Callista, tout aussi sauvage que le paysage et tout aussi âbimée par la vie que Lex. Indéniablement, ces deux-là s'attirent, mais parviendront-ils à surmonter leurs souffrances pour croire encore à un avenir possible?

Bon, alors, autant vous le dire tout de suite, je me suis ennuyée.

Le récit de Karen VIGGERS est aussi plat et monotone que sont escarpés les paysages qu'elle décrit. Avec talent assurément, car son écriture incarne très bien le fracas des vagues sur les rochers, les majestueux et impressionnants sauts des baleines, le bush australien, mais ses descriptions sont un peu trop nombreuses et un peu trop longues, et du coup la nature un peu trop présente au détriment de la psychologie de ses personnages.

Ce jeu de "je t'aime moi non plus" entre Lex et Callista est lassant parce qu'incompréhensible; ces deux-là se jettent dans les bras l'un de l'autre avant de se déchirer pour des motifs qui ne sont pas à la hauteur de la violence avec laquelle ils s'éloignent l'un de l'autre. Que ce soit pour se trouver ou se quitter, tout va trop vite entre eux; leurs histoires, pourtant douloureuses et remplies de matière, sont trop peu exploitées pour expliquer la difficulté que Lex et Callista ont à s'engager de nouveau. Pour moi, il aurait fallu creuser un peu plus pour ne pas donner cette impression d'être face à des gamins capricieux qui refusent d'être heureux.

De la même manière, certains personnages secondaires auraient mérité d'être davantage fouillés, comme Jordi et Jimmy, le frère et le père de Callista.

Le personnage le plus attachant reste sans conteste la baleine et son échouage décrit dans la toute dernière partie du livre. C'est le seul moment où j'ai vibré et où ma curiosité s'est éveillée.

En définitive, une histoire très moyenne, sans surprise, sans grand intérêt.

Je retourne à mes polars!

 

ANNE-CE

LA MAISON DES HAUTES FALAISES de Karen VIGGERS, paru aux Editions LE LIVRE DE POCHE en avril 2017