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Grâce à BABELIO et aux Editions PLON, et à l'occasion du lancement de leur nouvelle collection polar SANG NEUF, nous avons reçu les épreuves non corrigées de TU NE PERDS RIEN POUR ATTENDRE, le dernier ouvrage de Janis OTSIEMI, et nous avons également eu la chance de le rencontrer le 16 mars dans les locaux de PLON, le jour même de la sortie de son livre.

Jean-Marc OSSAVOU est un policier gabonais dont la vocation est née lorsqu'enfant, sa mère et sa soeur ont été tuées par un chauffard jamais condamné parce que fils de ministre. Puisque la Justice n'a pas su faire son oeuvre, lui ourdit sa vengeance jour après jour, et en attendant se défoule sous couvert de ses fonctions sur les ordures qui minent LIBREVILLE, et offre aux victimes la revanche qu'on lui a refusée. Un soir, il drague une jeune femme dans la rue et lorsqu'il se présente le lendemain chez elle, il tombe sur sa mère qui lui apprend l'impensable...

  

Le point de vue d'ANNE-CE

Sous peine de s'estimer trompé, ne vous fiez pas à la quatrième de couverture, qui promet un "Dexter à la mode gabonaise". Si l'on peut y croire au début, avec une scène digne de ladite série, brutale et presque dérangeante de par l'identité de celle à qui OSSAVOU offre sa vengeance, on retombe très vite dans un polar beaucoup plus policé et classique. Mais très efficace pour autant. C'est juste qu'il ne faut pas faire croire au lecteur qu'il trouvera dans ce livre une violence outrancière, des descriptions violentes et le récit d'un Justicier qui applique les méthodes de ceux qu'il entend stopper.

J'ai beaucoup aimé l'écriture de Janis OTSIEMI, auteur que je découvre avec TU NE PERDS RIEN POUR ATTENDRE. L'histoire est fluide, rythmée; les savoureuses expressions gabonaises ("On ne se perd pas d'oreilles" par exemple) et les croyances africaines relèvent le classicisme de ce polar très plaisant à lire. On s'évade au GABON, littéralement.

Le personnage d'OSSAVOU est charismatique et les personnages secondaires sont pittoresques.

Janis OTSIEMI, sous couvert d'une enquête policière, décrit avec précision un peuple gabonais perpétuellement déchiré entre modernité d'une part, poids de la tradition, croyances ancestrales et rapport à la mort d'autre part. Le voyage au GABON qu'il nous offre est aussi le prétexte pour évoquer le monde du jeu dominé par le milieu corse qui mine toute la société gabonaise, et l'impact de la lutte contre le terrorisme sur la route de la drogue.

La découverte de ce polar africain est très concluante, d'autant qu'elle s'est doublée d'une rencontre avec l'auteur, ce qui a rendu ma lecture encore plus enrichissante. Nous vous raconterons prochainement notre passionnant et instructif entretien avec Janis OTSIEMI. 

 

Le point de vue de MYMY

Janis OTSIEMI nous emmène dans les bas-fonds de LIBREVILLE avec son inspecteur Jean-Marc OSSAVOU, homme respecté et respectable. Mais comme tout bon Gabonais qui se respecte, Jean-Marc aime beaucoup la compagnie des femmes et boire de la bière entre hommes.

L'intérêt de ce polar réside en fait dans le dépaysement auquel il invite, avec des descriptions si précises de LIBREVILLE qu'on s'y croirait et des allusions au mode de vie gabonais assez éloigné du nôtre. Janis OTSIEMI, à travers son intrigue, nous explique l'approche particulière des policiers gabonais de leur mission. Il y a une certaine désinvolture professionnelle - malgré une évidente efficience - peu envisageable en France et une corruption palpable à tous les échelons.

L'auteur nous offre un regard sur la mort, la vie, les femmes et autres totalement particulier à cette partie du monde. Il nous plonge directement dans la culture africaine et ses croyances. Car c'est un fantôme qui va initier son enquête et le ménera sur la piste d'un trafic de drogue international. Sans en avoir l'air, cet auteur gabonais met en évidence les agissements des corses installés dans ce pays d'Afrique et il dénonce leur omniprésence dans le milieu du jeu  et les combines frauduleuses auxquelles ils se livrent...

La plume de Janis OTSIEMI est fleurie d'expressions locales, ce qui fait une des richesses du récit, c'est très imagé et drôle à lire malgré le contexte.

Janis OTSIEMI propose une intrigue bien ficelée et des personnages hauts en couleurs et efficaces. Cette première découverte du polar africain est une belle surprise qui se lit avec plaisir et grand intérêt.

  

TU NE PERDS RIEN POUR ATTENDRE de Janis OTSIEMI paru chez SANG NEUF, le nouveau label polar des Editions PLON le 16 mars 2017