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Qui a dit que je ne lisais que des thrillers? Voici la preuve contraire, grâce aux Editions FLEUVE que je remercie de m'avoir fait gagner ce livre.

Ce roman est autobiographique et raconte comment HELEN, suite au décès de son père, le photographe Alistair MACDONALD, ne va trouver de raison de vivre qu'en se lançant un ultime défi : celui de dresser un autour, rapace réputé trop sauvage pour être vraiment apprivoisé, surtout par une femme, et qu'Helen appelle Mabel.

Sans que je puisse vraiment expliquer pourquoi, cette histoire m'a accrochée. Ce n'était pourtant pas  gagné d'avance. 

Le sujet, la fauconnerie, est tout de même particulier et très vite, l'auteur nous plonge dans ce monde très fermé, réservé à quelques uns, et nous abreuve du vocabulaire précis qui s'y attache pour décrire tant les caractéristiques des oiseaux que les modalités de leur dressage.

Par ailleurs, il n'y a aucun rebondissement et le rythme est très plat et monotone, même si le récit alterne constamment entre l'histoire d'Helen et celle de WHITE, écrivain et fauconnier improvisé dans les années 30, qui a raconté son expérience dans un livre qu'Helen a lu étant enfant, forme de récit spécifique que j'ai appréciée. Ne nous est contée que la lente évolution de la relation entre Helen et son autour, et des descriptions minutieuses des paysages et des animaux...allergiques à BALZAC s'abstenir!

A cause des ces différents élements, on peut donc facilement se perdre et se lasser. La lecture paraît austère et fastidieuse. Pourtant, même si j'ai un peu peinée par moment, pas une seule fois je n'ai songé à abandonner ce roman : je voulais savoir ce que ferait Helen de sa relation avec Mabel, et comment et pourquoi celle-ci lui permettrait de surmonter son deuil. J'avoue quand même que l'on n'a pas vraiment la réponse... Sur ce point, à mon sens il ne faut pas se laisser abuser par la quatrième de couverture : M POUR MABEL n'explique pas comment Helen parvient à surmonter le deuil, il raconte comment elle réussit à dresser un autour; c'est un livre sur la fauconnerie, pas sur le deuil. En cela, l'histoire m'a un peu laissée sur ma faim : je n'ai pas vraiment compris ce lien qu'Helen MACDONALD essaie de faire entre le dressage de Mabel et son goût de la vie retrouvé...d'autant que ce n'est pas le premier faucon auquel elle se frotte.

S'agissant d'un récit autobiographique, j'ai apprécié que l'auteur prenne la peine de nous donner des nouvelles de Mabel dans les remerciements à la fin du livre. Paradoxalement, c'est là que réside peut-être la réponse à mes questions à travers cette si jolie phrase : "Enfin, par-dessus tout, je veux remercier mon père, qui m'a appris à aimer ce monde mouvant , et mon superbe autour, qui m'a appris à y voler après sa disparition."

Cette histoire est aux antipodes de celles que je lis et aime habituellement, mais quelque part je l'ai trouvée apaisante et reposante.

 

ANNE-CE

M POUR MABEL d'Helen MACDONALD, paru aux Editions FLEUVE en aôut 2016