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Cela faisait des lustres que ce roman attendait bien sagement dans ma PAL, et puis Jim FERGUS est venu en FRANCE promouvoir son nouvel opus LA VENGEANCE DES MERES qui est la suite de MILLE FEMMES BLANCHES .

Et Jim FERGUS parle tellement bien des peuples natifs et plus précisément des cheyennes, de leur culture et malheureusement de leur persécution que j'ai farfouillé dans ma bibliothèque pour remettre la main sur mon exemplaire qui date.

Dès les premières pages, je suis partie chevaucher dans les plaines de l'Ouest américain au milieu de la tribu de LITTLE WOLF avec ces femmes blanches attribuées par le président Ulysses S. GRANT au grand chef cheyenne en échange de mille chevaux.

May DODD a été enfermée de force dans une maison de fous par ses parents car elle vivait sans leur consentement, en union libre, avec l'homme de sa vie et avait eu des enfants avec celui-ci. Nous sommes en 1875 aux ETATS UNIS, au sortir de la guerre de Sécession, les femmes n'ont aucun droit ou presque et May DODD fait partie de ces femmes qui veulent rester libres de leur destin. Pour échapper à son enfermement, May décide de se porter volontaire pour rejoindre une tribu cheyenne dont le chef, LITTLE WOLF, a négocié avec le président S.GRANT l'intégration de mille femmes blanches en vue de mariages avec les guerriers de son fief. Ces femmes rejoignent la tribu et ont pour mission d'assurer la socialisation et l'adaptation des sauvages à la civilisation des blancs. May DODD fera partie des premières femmes sacrifiées et tiendra un journal tout au long de son assimilation à la vie de sa tribu d'adoption. C'est à travers son expérience et sa vie au sein de la tribu, qu'elle nous relate dans ses carnets, que nous allons vivre cette terrible aventure faite de joie, de bonheur, de croyances, de sang et de batailles...

Il faut tout d'abord que je vous confesse que j'ai un intérêt particulier pour la culture des peuples natifs. Après divers voyages en AMERIQUE DU NORD et pour avoir visité des réserves ou autres musées, j'avoue avoir été sensibilisée à leur histoire, leur art, leur mode de vie et leurs croyances. Je me pose souvent la question de savoir qui des Indiens ou des Blancs étaient finalement les plus sauvages et c'est donc avec curiosité que j'ai entamé ma lecture de cet effroyable fait historique romancé par Jim FERGUS.

Difficile de lâcher ce roman dès les premières pages lues, parce que les faits s'enchaînent rapidement, parce que May DODD nous les fait vivre au plus près et parce que cette histoire malgré son côté absolument terrifiant est passionnante.

Tout comme l'héroïne, le lecteur est plongé au cœur de la tribu cheyenne et découvre son nouvel environnement, son nouveau mari et partage son dépaysement le plus total. May DODD nous transmet ses impressions et son ressenti à chaque page, elle nous introduit au sein de son nouveau foyer cheyenne, elle nous fait participer à cette sororité qui fait l'objet de cet échange. Il y a des figures si marquantes et si attachantes comme la belle Helen FLIGHT ou les étonnantes sœurs KELLY qu'il est difficile d'imaginer le sort réservé à ces femmes exceptionnelles. J'ai aimé les relations fraternelles de ces femmes, leurs confidences, leurs peurs, leurs bonheurs et leur réflexion quant à leur nouvelle condition d'épouses cheyennes. Les jours passant, ces femmes s'intègrent finalement plutôt facilement à leur nouvelle vie, s'en approprient les mœurs et les coutumes. Elles découvrent les relations directes et sincères entretenues par les cheyennes, leur mode de vie nomade au plus près de la nature et s'insurgent de certaines traditions millénaires.

Grâce à sa narration, Jim FERGUS parvient avec succès à nous faire participer à tous les épisodes et les stades d'intégration de ces femmes. Refermer le livre, c'est comme abandonner encore un peu plus May DODD et ses amies à leur sort. En tant que lectrice, je ne voulais pas quitter cette figure symbolique, manquer un moment de son quotidien et c'est là la grande force de ce livre : réussir à nous immiscer dans ce microcosme indigène.

Jim FERGUS témoigne à travers son livre de son attachement aux peuples natifs et de sa passion pour ces tribus persécutées. Il démontre via cet épisode le rôle néfaste de la civilisation blanche sur les Indiens qui à son contact ont contracté des maladies, se sont enivrés et ont perdu leurs repères ancestraux. Il nous fait la démonstration que ces peuples avaient un mode de vie qui leur procurait une existence bienheureuse et que les Blancs sont venus briser ce bel équilibre de vie harmonieuse au cœur de la nature. Au cours de ce récit, le lecteur est amené à se questionner sur la nature humaine, sur les méfaits de la civilisation et sur la domination de l'homme blanc.

A travers cette fresque romancée mais inspirée de faits réels, l'auteur américain livre ici un roman captivant et absolument envoûtant. Difficile de rester insensible au sort de ces femmes et de ne pas prendre fait et cause pour la tribu du si digne et si courageux chef LITTLE WOLF.

Pour ma part, il me tarde de poursuivre ma merveilleuse lecture en me précipitant pour acheter LA VENGEANCE DES MERES.

 

MYMY

MILLE FEMMES BLANCHES de Jim FERGUS, paru  aux Editions POCKET en 2004