1540-1

 

C'est la couverture du livre qui m'a attirée et puis à la lecture de la quatrième, je me suis dit qu'il était pour moi : deux destins de femmes que tout oppose mais que la rage de vivre et la soif de liberté va animer toute leur vie... Et hop, en haut de ma PAL !

Au début du XIXème siécle, Sarah GRIMKE issue d'une famille respectée de CAROLINE DU SUD fête ses 11 ans. Pour son anniversaire, elle reçoit pour cadeau comme esclave personnelle une petite fille noire, Handful. Sarah qui a déjà un fort tempérament et des idées bien arrêtées refuse ce sordide cadeau mais se voit obligée d'accepter au nom des conventions sociales et familiales. Les deux jeunes filles vont nouer des liens  qui malgré les aléas resteront solides, et deviendront des femmes éprises de liberté, se battant pour la reconnaissance des droits de chacun et bravant les conventions au prix de leur vie.

Que j'ai aimé suivre la vie de ces deux jeunes filles aux destins croisés qui jamais n'abandonnent ni ne renoncent à leurs idées. Chacune à leur façon, elles se battent sans cesse pour exister dans un monde où naître femme est un handicap quand on a des idées, des envies de liberté et dans lequel l'esclavagisme est bien ancré dans les moeurs.

A chaque chapitre, le lecteur suit l'une des deux héroïnes et s'attache à ces deux jeunes filles que tout sépare mais qui toutes les deux ont un fort tempérament et une volonté sans faille.

J'ai été émue aux larmes par les épreuves que traverse Handful et révoltée par tant d'inhumanité à son égard et à l'égard de ses semblables. Elle semble si frêle mais pourtant si forte. Quel personnage étonnant et fascinant. La complicité qu'elle partage avec sa mère si déterminée et si attachée à ses origines et l'amour qu'elle lui porte sont bouleversants. Les sévices qu'elle subit tout comme les autres esclaves du domaine sont décrits avec précision et cruauté et on ne peut rester insensible à ces descriptions. J'ai été effroyablement ébranlée par certains passages dignes des pires tortures... Que l'homme est inventif pour faire souffrir son prochain !

Sarah, quant à elle, aurait pu représenter les Sudistes esclavagistes et continuer à se reposer sur un mode de vie ancestral et confortable. Mais cette jeune fille éclairée et intelligente n'aura de cesse, toute sa vie durant, de combattre l'esclavagisme et de vouloir faire reconnaître les droits des femmes de son temps. Malgré le reniement d'une partie de sa famille et son exposition à la vindicte esclavagiste, Sarah GRIMKE fut une figure historique du mouvement abolitionniste, militante engagée et féministe qui se consacrera aux droits des femmes y compris le suffrage féminin. Elle saura préverver sa relation privilégiée avec Handful malgré les obstacles et la distance qui les séparera.

A la fin de son roman, Sue MONK KIDD explique sa démarche, ses recherches et son travail d'écriture. Sarah, son combat et sa famille ont réellement existé et  l'auteur a romancé son propos en lui donnant cette petite esclave afin de présenter le point de vue des noirs à cette époque, leur souffrance et leur combat pour la liberté. Je trouve absolument pertinent cette voix d'esclave qui permet de mieux appréhender leur situation, leur condition et leur ressenti.

Vraiment, je vous conseille de vous plonger dans ce beau roman de femmes, vous ne serez pas déçus, c'est une histoire de combat et de révolte, d'amour et de liberté !

 

MYMY

L'INVENTION DES AILES de Sue MONK KIDD, paru aux Editions 10/18 en mars 2016