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Du grand, du très très grand ELLORY!

Le livre s'ouvre sur la raclée que Vincent MADIGAN est en train d'administrer à un homme pour le compte d'un certain Sandia. Dès le départ, le décor est posé. MADIGAN ne fait pas ça par plaisir, mais il n'a d'autre choix que d'obéir aux ordres vu que Sandia le tient par la dette d'argent dont il est redevable. Il se sent minable, a tout perdu, ses femmes comme ses gosses, et tient debout à coups d'anti-dépresseurs, de drogues et d'alcool. Mais MADIGAN a décidé de tenter le tout pour le tout, monter une équipe et faire LE coup qui lui permettra de solder ses dettes et de repartir à zéro vers une nouvelle vie : braquer une maison où doit être livré un quart de million de dollars appartenant à un dangereux criminel d'EAST HARLEM.

En apnée. C'est cette impression que j'ai eue tout au long de ma lecture.

Première claque à la fin du chapitre 5 : MADIGAN est tombé encore plus bas que ce que l'on avait déjà saisi en 5 chapitres... Deuxième claque au chapitre 6 : le carnage qui a eu lieu dans la maison a fait une victime imprévue...

A partir de là, j'ai été véritablement suspendue au récit. Comment tout ça va-t-il finir?

La force du récit tient beaucoup à la qualité (ou aux défauts?) du personnage de Vincent MADIGAN et à la manière dont R.J. ELLORY l'a remarquablement ciselé. Il a tout pour qu'on le déteste à première vue : violent, drogué, alcoolique, père et mari abandonnique, corrompu. Pourtant on a indéniablement envie de l'accompagner et de le voir réussir la quête de rédemption dans laquelle il s'est lancé, tout en étant bien convaincu qu'il ne le mérite pas! L'alternance entre les chapitres rédigés à la troisième personne du singulier et ceux où l'auteur nous place dans la tête de Vincent MADIGAN participe à ce mélange de sentiments ambivalents que j'ai nourri à son encontre.

Les personnages secondaires sont justement loin d'être relegués au second plan. Sandia notamment est terrifiant de froideur, de cruauté, d'inhumanité.

Mais outre ses personnages l'histoire est particulièrement réussie. Pas de temps mort, un suspense de tous les instants, et même une tension qui m'a fait oublier de respirer. Le récit m'a fait constamment osciller entre espoir et noirceur absolue, j'étais sur le fil du rasoir à l'image du personnage de Vincent MADIGAN, qui lutte entre les démons qu'il a lui-même convoqués et l'avenir qu'il essaie de se préserver. Et la fin m'a laissée totalement abasourdie, littéralement assommée.

 

ANNE-CE 

UN COEUR SOMBRE de R.J ELLORY, paru aux Editions SONATINE en octobre 2016