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Sam est une photographe de guerre qui de retour de mission, séjourne à l'hôtel ARCADIA. Réveillée en pleine nuit par des coups sourds, elle comprend que l'hôtel est assiégé par des terroristes. Alors qu'Abhi, le directeur de l'hôtel, appelle toutes les chambres pour demander aux résidents de ne surtout pas sortir, la situation est bien trop tentante pour Sam, habituée à se trouver au coeur du conflit. Appareil-photo en bandoulière, elle plonge en incursion dans les nombreux étages pendant qu'Abhi, qui s'est enfermé dans le poste de surveillance, suit son parcours mais aussi celui des terroristes. HOTEL ARCADIA raconte les soixante-sept heures précédant l'assaut du bâtiment par les autorités.

Je commencerai par vous dire que je ne suis pas forcément d'accord avec la classification de ce livre dans la catégorie "thriller". Alors oui, le livre se déroule sur fond d'attaque terroriste et jusqu'à l'assaut des forces de l'ordre, mais en réalité la présence des terroristes ne sert qu'à donner un contexte et ils sont assez peu présents dans l'histoire. Selon moi, c'est un roman, un huis-clos entre les personnages d'Abhi et de Sam, l'histoire étant centrée sur leur présent mais également sur leur passé.

C'est justement la singularité des personnages qui donne toute sa force à ce roman, qui ne repose que sur eux, car il n'y a pas réellement d'intrigue, d'où quelques longueurs et répétitions. Contrairement à ce que suggère la quatrième de couverture ("thriller haletant et terrifiant"), je n'ai pas vu de suspense. Il ne s'agit pas de savoir si le personnage de Sam, bravant le danger en sortant de sa chambre, va réussir à échapper aux terroristes.

En réalité, l'histoire est construite autour de la relation que vont nécessairement nouer Sam et Abhi, puisque lui peut la guider grâce aux caméras de surveillance, et elle peut le renseigner sur l'état des pertes parmi les résidents de son hôtel. Il y a de nombreuses incursions dans leur passé respectif pour comprendre les êtres qu'ils sont aujourd'hui.

Abhi, fils et frère de militaire, qui a justement dû batailler pour échapper à cette destinée, quitte à être le déshonneur de la famille, et qui est parti vivre son homosexualité dans le faste et le luxe de la ville. Son personnage est particulièrement attachant; lui seul peut renseigner la police à l'extérieur sur ce qui se passe à l'intérieur et leur donner de précieuses informations, il devient sans le vouloir la clé de voûte de l'assaut, le héros, le combattant qu'il n'a justement pas voulu être en s'écartant du chemin tracé pour lui par son père et son frère.

Sam, qui se noie et s'oublie en photographiant des morts, qui ne s'autorise aucun chagrin, aucune compassion, seul moyen de résister aux enfers qu'elle côtoie. Son personnage est assez dérangeant, sa froideur, son manque d'empathie et sa fascination pour les morts, presque au mépris des vivants, paraissent exagérés et du coup font perdre le personnage en crédibilité. J'ai eu du mal à croire qu'on pouvait être aussi dénuée d'humanité... Toutefois, confrontée  à la générosité et à la bienveillance d'Abhi, elle va devoir revoir son jugement et ses convictions.

En définitive, je dirais que HOTEL ARCADIA est un roman psychologique qui souffre d'un manque de rythme mais qui possède une fin de thriller, efficace et terriblement agaçante.

Merci à BABELIO et aux Editions GALAADE de m'avoir adressé ce livre dans le cadre de l'opération MASSE CRITIQUE.

 

ANNE-CE

HOTEL ARCADIA de Sunny SINGH, paru aux Editions GALAADE en janvier 2016