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Tout d'abord merci aux Editions GALLIMARD et à BABELIO de m'avoir adressée ce roman dans le cadre de la masse critique. J'avoue que participer à cette masse critique me permet de découvrir de nouveaux auteurs et des livres vers lesquels je ne me serais pas naturellement orientée compte tenu de mes aspirations et de mes goûts.

L'histoire se déroule en 2006 au MEXIQUE. Melitza, jeune femme libérée et charmeuse, décide d'offir le gîte à un bel inconnu qu'elle rencontre dans le bar où elle travaille. Troublée par Evo, homme sauvage et mystérieux, elle espère une aventure amoureuse mais se rend  vite à l'évidence que ce vagabond charmeur n'est pas intéressé. Le lendemain, dans un parc, alors qu'elle savoure une décoction hallucinogène locale en compagnie d'Evo, l'homme hebergé, et de son père, une patrouille de police intervient brutalement et la violence se déchaîne, atteignant son paroxysme avec le viol de Melitza par plusieurs policiers. Fou de rage, Evo intervient et tue par accident les violeurs. Le trio décide de fuir GUADALAJARA et de se réfugier loin de la ville pour se faire oublier des autorités. Pendant leur fuite, Melitza tentera de se recontruire et écrira dans des carnets ses émotions et son ressenti de femme meurtrie. Au terme de cette échappée, Melitza trouvera la mort et son père, ayant récupéré les écrits posthumes de sa fille, décidera de les publier et d'annoter certains passages.

Alors, que dire de cette DANSE DE LA VIE BREVE d'Antoine HUBERT que j'ai lue en me laissant bercer par la plume poétique de l'auteur? J'ai aimé la langue et certains passages très intenses de ces carnets posthumes mais j'ai été gênée par tous un tas de références  liées à la culture mexicaine que je ne connais et ne maîtrise pas du  tout. Je me suis un peu perdue dans ma lecture par ignorance des us et coutumes mexicains, des faits historiques locaux et cela m'a gâché mon plaisir. On sent bien tout au long du récit que l'auteur connaît par coeur les habitants et le pays d'adoption où il vit depuis vingt ans mais il ne donne pas au lecteur novice de cette culture les clés pour les comprendre... Enfin, c'est mon ressenti !

La violence est omniprésente, la corruption palpable, les substances illicites largement consommées ce qui fait que j'ai été peu touchée par les personnages, trop ombrageux et trop complexes pour moi. Excepté le père de Melitza, dont les sentiments pour sa fille m'ont parlé, je suis restée très perplexe devant la psychologie et le personnage d'Evo, homme sauvage à moitié chaman, et la conduite très libérée de Melitza m'a dérangée....

Par contre, je trouve qu'Antoine HUBERT a une façon tout à fait particulière d'écrire avec emphase et poésie et c'est ce qui a fait tout le charme du livre pour moi. Certaines réflexions ou certaines images m'ont frappées essentiellement parce que l'auteur a su poser des mots juste magnifiques sur des faits simples, sur de la violence et des émotions.

Au final, je suis donc mitigée  concernant cette lecture, dont le style m'a beaucoup plu mais dont l'histoire m'a laissée au bord de la route.

 

MYMY

DANSE DE LA VIE BREVE d'Antoine HUBERT, paru aux Editions GALLIMARD collection Verticales en janvier 2016