Le 19 mars, BABELIO et les Editions MOSAIC ont offert aux Cousines de lectures la chance de rencontrer Karin SLAUGHTER afin d'échanger avec elle à propos de son dernier livre, PRETTY GIRLS (cf la chronique du 20 mars). Recevoir son livre était déjà une chance, mais la rencontrer dans la foulée pour en parler avec elle, alors que notre lecture est "toute chaude", a vraiment été une expérience surprenante et enrichissante, et en plus une première pour moi!

Karin SLAUGHTER est un auteur  américain de polars de quarante- cinq ans; elle a publié son premier roman, MORT AVEUGLE, en 2001.

 

P1040206

 

P1040204

 

 

Au cours de cette recontre elle s'est montrée très accessible, totalement décomplexée, avec un franc-parler souvent teinté d'humour. Toutes qualités que la traductrice a su rendre avec grand talent puisque Karin SLAUGHTER ne parle pas notre langue.

Grâce aux questions qui lui ont été posées, j'ai eu l'impression de prolonger la lecture du livre, et puis il est forcément intéresssant de découvrir comment un auteur travaille, ce qui dicte ses choix, l'influence de sa vie personnelle sur ses oeuvres et quels sont les buts qu'elle poursuits à travers l'écriture d'une histoire.

Karin SLAUGHTER a ainsi expliqué que les cinquante premières pages de PRETTY GIRLS avaient germé dans son esprit au cours d'un rêve - plutôt un cauchemar ! -, effet secondaire d'un médicament contre la douleur qu'elle prenait pour la première fois, ajoutant au passage que depuis elle se demandait si elle ne devait pas puiser son inspiration dans les substances illicites...

Elle est également revenue sur la particularité de PRETTY GIRLS au sein de sa bibliographie : en effet, depuis ses débuts elle écrit des romans policiers et c'est la première fois qu'elle raconte l'histoire en se plaçant, non pas du point de vue des enquêteurs, mais de celui des victimes, et encore ne s'agit-il pas des victimes directes. En cela, à mon sens, PRETTY GIRLS est davantage un roman noir qu'un polar. Karin SLAUGHTER a expliqué son choix par sa volonté de donner cette fois la parole aux victimes, et surtout de démontrer comment un fait dramatique peut impacter des vies et continuer de la faire des années et des années après.

Parmi ses propos, ce qui m'a le plus captivée, c'est lorsqu'elle a raconté comment, à ses débuts, elle avait eu du mal à s'imposer en tant qu'auteur de thrillers, car certains ne comprenaient pas comment, en tant que femme, elle pouvait écrire de telles horreurs. Il faut dire que dans PRETTY GIRLS, Karin SLAUGHTER décrit avec précision et sans rien nous épargner des scènes extrêmement violentes. Pour autant, je n'aurais jamais imaginé que dans ce monde-là aussi, une femme devait forcer la porte là où un homme n'a qu'à tourner la poignée. Alors quoi, aux femmes les bluettes et aux hommes les histoires qui font peur? Comme elle l'a raconté, Karin SLAUGHTER a commencé en même temps que Mo HAYDER (connue également pour la violence qui teinte ses oeuvres) et toutes deux ont eu l'occasion d'échanger sur les réflexions et les critiques qu'elles avaient dû affronter en tant qu'auteurs féminins de thrillers. Heureusement depuis les mentalités ont évolué !

La rencontre s'est terminée par une séance de dédicaces où là encore, Karin SLAUGHTER s'est prêtée au jeu de bonne grâce, entre petits mots échangés et pause photos.

Cette première expérience de rencontre avec un auteur m'a apporté plus que je n'aurais cru et j'ai hâte de la renouveler.

ANNE-CE