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Voilà, je viens de prendre une petite claque avec une forte émotion et le coeur qui tressaille... Je viens juste de terminer ma lecture de DITES AU LOUP QUE JE SUIS CHEZ MOI de Carol RIFKA BRUNT et je suis encore toute bouleversée par cette histoire tragique mais tellement vivante ....

June, adolescente taciturne et singulière vit dans sa banlieue triste du NEW JERSEY avec sa soeur histrionique et des parents accaparés par leur métier. Nous sommes dans les années 1980, le sida commence tout doucement ses ravages et inquiète la population. June voue un amour sans borne à son oncle, qui est aussi son parrain, Finn. Celui-ci est un peintre new yorkais doué et réputé, il est atteint du sida et partage avec sa filleule des moments de complicité tendres et précieux emprunts de culture et d'érudition. Malheureusement, dans les années 80, le sida est tabou; Finn décède et avec lui toute la polémique autour de cette maladie, sa transmission et son association au milieu homosexuel rejaillissent sur Finn et son amour pour Toby, compagnon resté dans l'ombre.Pour June, la perte de Finn est insurmontable, elle n'arrive pas à réprimer son chagrin, elle plonge vers la dépression... Malgré la haine que lui vouent les parents de June qui le rendent responsable de la mort du frère chéri, Toby décide de se manifester et prend contact avec l'adolescente en souvenir de Finn. Ces deux âmes esseulées vont contre vents et marées apprendre à se connaître, se lier et entretenir une relation secrète aussi riche que sincère ....

Evidemment, il s'agit d'un livre sur la perte, le deuil et la maladie mais compte tenu du contexte, les années 80,  et du milieu dans lequel évolue les personnages, il serait dommage de réduire ce roman à une simple tragédie. Dans ce livre, riche  de ces relations particulières qu'entretiennent les protagonistes, il y a de l'amour, beaucoup, de l'hypocrisie encore plus et de la compassion teintée d'une pointe de répulsion due au sida méconnu à l'époque. L'art a  une place prédominante dans la relation entretenue entre le parrain Finn et sa filleule June. C'est à travers lui qu'ils se comprennent et partagent leur représentation personnelle du monde qui les entoure. Enfin, la vision innnocente et authentique que June a sur l'homosexualité de son parrain, sur les liens qui l'unissaient à Toby fait tomber les barrières familiales et recentre les personnages sur la vérité des sentiments qui les animent.

Dans ce magnifique roman, j'ai aimé la complexité des personnages, les situations non convenues, la loufoquerie de June et la délicatesse de Toby... Je me suis émue de la solitude affective de cette adolescente perturbée, j'ai été attendrie par cette soeur aînée si parfaite ,qui pourtant défaille, et j'ai voulu serrer dans mes bras Toby si fragile et si fort à la fois... Je me suis insurgée devant la bêtise des parents et j'ai été révoltée par l'ignorance de certains qui, faute de savoir, refusent de comprendre !

Bref, vous l'aurez compris ce roman est un merveilleux moment de lecture qui nous plonge dans une époque si proche qui paraît pourtant si lointaine et la plume de Carol RIFKA BRUNT est un accélérateur de fièvre émotionnelle qui ne vous laissera pas indemne...

 

MYMY

DITES AU LOUP QUE JE SUIS CHEZ MOI de Carol RIFKA BRUNT aux éditions BUCHET-CHASTEL paru en mai 2015

 

PS : Seul bémol : La couverture qui ne rend vraiment pas hommage au texte ......