9782365690485

A défaut de lire enfin « L’île des oubliés » dont on a m’a tant vanté les mérites, j’avais dans ma PAL, du même auteur à savoir Victoria HISLOP, « Le Fil des souvenirs ».

Au dos du livre, une citation du Sunday Times : « Ceux qui ont aimé L’île des oubliés vont adorer Le Fil des souvenirs ». Ah. Bon. Je vais peut-être pas lire L’île des oubliés tout de suite alors.

Le Fil des souvenirs, c’est le récit d’une vie. Celle de Katerina et Dimitris. C’est aussi le récit d’une ville, Thessalonique, et d’un pays, la Grèce, de 1917 à l’après-seconde guerre mondiale. Un récit que le couple fait à son petit-fils en 2007.

Le point de départ est intéressant. L’histoire de Dimitris et Katerina ne sert qu’à présenter comment Thessalonique est passée en trente ans d’une ville cosmopolite où chrétiens, juifs et musulmans vivaient ensemble et en paix, à une cité où seuls les chrétiens sont restés.

D’abord ce sont les musulmans qui sont chassés, lorsqu’après la première guerre mondiale la Grèce décide de reprendre aux Turcs de grandes zones de l’Asie Mineure, dont Smyrne et Ankara. Mais la Turquie de Mustafa Kemal se défend et reprend les Territoires aux Grecs. A partir de là, les musulmans ne sont plus les bienvenus en Grèce et doivent la quitter pour la Turquie, tandis que de nombreux chrétiens installés à Smyrne sont chassés par les Turcs et se réfugient à Thessalonique.

Ensuite c’est bien évidemment la seconde guerre mondiale qui entraînera le départ des juifs de Grèce. C’est à partir de cette période que l’histoire devient intéressante car elle prend du relief. Elle m’a permis de m’instruire en découvrant cette période de l’histoire sous un angle jusqu’à présent pour moi inconnu, celui de la Grèce. Jusque-là, le récit m’avait paru assez plat et ennuyeux.

On découvre les « andartes » dont fera partie Dimitris, ces hommes et femmes qui entrent en résistance de 1941 à 1945 contre l’occupation de la Grèce par les allemands. Réunis en différents mouvements dont le principal est constitué des communistes de l’ELAS, ils réclameront en vain de participer au nouveau gouvernement après la capitulation de l’Allemagne, et seront ensuite victimes de la guerre civile que connaîtra la Grèce, les communistes étant traqués et déportés jusqu’à ce qu’ils se renient.

Ainsi, si l’histoire du Fil des souvenirs ne tient pas ses promesses, l’Histoire avec un grand H qui en constitue la toile de fond est très bien présentée et transmise au lecteur. On en ressort donc enrichi à défaut d’avoir été emporté.

ANNE-CE

LE FIL DES SOUVENIRS de Victoria HISLOP, aux éditions Les Escales, paru en avril 2013